dimanche 24 octobre 2010

Master Class

Au Mali les distractions nocturnes sont assez rares depuis que le spectre d’AQMI agite le monde occidental. Du coup, à part la télévision et la lecture assidue du Monde Diplomatique, peu de choses à se mettre sous la dent. Vous ne serez donc pas étonnés qu’un soir d’errance télévisuel je sois tombé sur TF1 et sur la géniale émission Master Chef. Oui, j’ose le dire, Master Chef est la meilleure émission de téléréalité jamais vue et pour ceux qui en doutent voici quelques arguments imparables:

1 – De la tentation sans le trash : Ne nous voilons pas la face, Master Chef n’est qu’une énième émission de téléréalité dont les candidats sont maintenus en vase clos, enfermés dans un immense studio préfabriqué. Là ou se démarque Master Chef des autres lofts stories c’est que le côté trash (Qui baise avec qui ? Qui insulte qui et comment ?) est soigneusement gommé. Point de trash mais une devise de première classe : Bataillez, cuisinez et gagnez ! Avouez que le challenge est noble.

2 – Sueurs, souffrances, larmes et critiques : Tout est dit et rien ne nous est épargné. Rarement aura t’on vu une émission aussi lacrymale. A Master Chef, on souffre, on travaille, on pleure, puis on est vertement critiqué. Tout çà pourquoi ? Pour une poignée de petits pois mal dressés ou une purée pas assez assaisonnée… Certains qualifieront la chose de futile mais soyons honnête, on en devient vite accros. Et puis qui n’a jamais voulu critiquer, voire insulter, le cuistot de ce restaurant si chic qui nous a apporté, un soir de sortie, une cuisse de canard froide ou un moelleux au chocolat noyé dans une crème anglaise manufacturée (sacrilège !)

3 – L’art du montage : A Master Chef on ne mise pas sur le racolage, on mise sur le montage, sur le découpage. Les ingrédients sont simples : Quelques secondes en cuisine, quelques secondes sur les moues des chefs et une demi-heure d’explications egocentriques du style « J’aurais tant voulu avoir la boite rouge ». Assaisonnez le tout d’une omniprésence de l’horloge pour nous faire monter l’adrénaline (Damien va t’il réussir à monter sa mayonnaise ?) puis servir les dernières secondes de l’épreuve par un montage épileptique qui n’hésite pas à remonter le temps pour nous faire croire que les plats ne sont pas prêts. Du grand art télévisuel bien retord et vicieux.

4 – Le maillon faible : Je ne sais si vous avez remarquez mais dans chaque épreuve il y a un maillon faible qui nous est dévoilé dès le début « Mais là c’était la catastrophe, j’ai jamais cuisiné une andouillette de ma vie... ». Ce maillon faible est souvent pointé dans les épreuves éliminatoires, histoire de suivre sa descente aux enfers. Toutes les caméras sont sur lui, il monopolise les temps de parole et on sent bien qu’il va foirer son plat. Faut bien dire qu’en tant que spectateurs çà fait du bien de voir ces candidats chutés sur un feuilleté d’écrevisses aux agrumes, là ou nous sommes incapables de faire des pâtes al dente. Un peu de justice en ce bas monde…

5 – La surprise du chef : C’est un peu l’apothéose qui conclut chaque épreuve éliminatoire. Alors que nous n'avons d’yeux que pour le maillon faible, que nous sommes persuadés que ce dernier va subir les affres du jury et sortir de l’aventure, c’est là que la surprise arrive. Ce déclic qui fait basculer nos préjugés. Non, le maillon faible n’était pas si faible que çà et non ce n’est pas lui qui prendra la porte comme un malpropre. Braves et naïfs spectateurs que nous sommes, nous n’y avons vu que du feu…

6 – La cerise sur le gâteau : Le teasing de fin d’émission qui nous donne l’eau à la bouche. Histoire de nous achever et de nous donner rendez-vous dans une semaine, même heure, même endroit, affalé dans son sofa avec un plateau repas…

A jeudi prochain….

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