Chaque année, chaque hiver, mêmes refrains, mêmes silences, mêmes abandons. Des centaines voir des milliers de sapins, ces rois des forêts, se retrouvent à la rues, abandonnés comme de vulgaires cadeaux périmés. En l’espace d’un mois, ils passent de l’anonymat naturel à stars artificielles pour salons individuels. Ils sont alors habillés, choyés, illuminés de milles boules, étoiles et guirlandes multicolores. A leurs pieds se pâment cadeaux et enfants et l’espace d’un jour, d’un unique jour, ils sont le centre d’attention du monde familial. Pourtant, quelques semaines plus tard, c’est bien les mêmes qu’on retrouve nus sur le bitume anonyme des villes. C’est bien eux qu’on retrouve à moitié enfoncés dans les poubelles municipales ou jetés à même le sol avec pour simple habit une couverture plastique jaune délavé. Viendront après le broyage, le compactage, l’incinération puis les cendres... Heureusement pour nous le cycle de la vie est immuable et à peine brulés, nos beaux sapins se réincarneront dans l’une des couveuses naturelles, dans l’une des pépinières aménagées pour nos bons petits plaisirs éphémères.
Alors je n’aurais qu’un dernier mot : Dors bien mon sapin et à demain dans un an…
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