jeudi 20 septembre 2012

9/11 - NYC

Plus de dix ans après les attentats du 11 septembre, New-York semble continuer à  panser doucement ses plaies. On ne sait pas combien de temps durera la cicatrisation mais on trouve encore des stigmates apparents dans les rues de la ville. Une balade dans Wall Street un week-end ou jour férié permet de mesurer les écarts de traitements que subit le quartier par rapport aux autres. Des policiers et gardes civils à tous les croisements et sur certaines rues, les plus emblématiques du capitalisme américain, des rehausseurs géants en plein milieu des routes afin d’éviter toutes circulations automobiles ou toutes attaques. Ambiance étrange d’un blocus infécond, de guerre urbaine passée et qu’il faut espérer n’arrivera plus jamais.
 
 
Il en va de même pour le site du World Trade Center aujourd’hui hautement sécurisé. On n’y entre pas comme çà…. Il faut d’abord se déclarer sur le site internet, définir son jour et son heure d’arrivée puis imprimer soi-même son billet d’entrée. Le jour J, passage obligé par les nombreux checks points de l’administration du site. Passeport obligatoire, détecteurs de métaux et autres scanners. Sur le passage qui mène au site, on nous fait mettre en rangs de trois (plus facile à compter) sous les yeux silencieux devpetites caméras estampillées NYPD. Un impressionnant dispositif à l’américaine mais qui semble quelque peu vain. En réalité, on peut passer les contrôles sans monter sa carte d’identité ou son passeport et les restrictions concernant les sac-à-dos (interdits au-delà de 20cm de haut) ne sont guère respectées.
 
 

Qu’importe car au fond c’est bien le site en lui-même qui fascine et non les à-côtés. Actuellement, le site ressemble à une immense esplanade vierge de tout artifice. Seuls de jeunes chênes blancs cohabitent avec des platebandes de lierres fraichement plantées. Dans cette immense enceinte de béton et de végétation, verte et grise, seul le bruit de l’eau en continue brise ce silence urbain. Le bruit de l'eau qui coule sans fin dans ces deux immenses bassins situés aux exacts emplacements des tours. Le projet architectural de ce mémorial est d’une force assez dense, difficile à appréhender par de simples mots car même si l’image métaphorique est évidente (trauma sans fond, larmes/pleurs sans fin) le site parvient à figer le temps et à faire resurgir nos propres souvenirs intimes de la catastrophe : Que faisais-je en ce jour ? Qu’avais-je vraiment ressenti ce jour là en visionnant les premières images ?
 
 
 
 
Malheureusement, le site ne devrait pas s’arrêter à ces bassins. Un musée est en cours de construction et contiendra deux immenses fourches métalliques qui soutenaient les deux tours ainsi qu’une foultitude d’autres objets (dixit la brochure). De plus, autour de Grand Zero devrait sortir de terre quatre nouvelles tours babyloniennes dont la plus emblématique (celle actuellement en construction) sera la plus grande des Etats-Unis. Un projet qui je le crains fort atténuera quelque peu l’effet mémorial sans parler du fait que le musée fera, à n’en pas douter, l’apanage (avec juste raison!) de l’héroïsme des new-yorkais et des ses pompiers/policiers mais oubliera sans doute de mentionner les causes qui ont conduit à cette tragédie. Gageons que cela ne soit point le cas, gageons que le site gardera sa force emblématique humble et épurée ou la mémoire intime de chacun converge vers une mémoire collective qui ne peut/doit oublier.      

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire