Les premières images de Coney
Island me viennent d’une autre époque, d’un début du siècle maintenant résolu.
Des photographies en noir et blanc de Weegee loin de ses règlements de comptes
urbains ou même des dessins bigarrés de Winsor McCay. Une époque enchanteresse
aujourd'hui disparue mais dont la plage porte encore quelques traces. Ici une hacienda
mexicaine en béton délabré, là le Cyclone plus mort que vivant qui, sous l’effet
du vent, s’ébranle, craque comme un vieil homme atteint de rhumatismes. Mais
Coney Island ne peut se réduire à cela, certaines attractions sont
encore bien vivantes et malgré le temps les foules se déplacent toujours en
masse vers l’aquarium de la ville ou vers les fastfoods qui bordent la baie.

Bref, Coney Island c’est deux
visages en un, une sorte de rêve américain désenchanté ou les sans domicile
fixe viennent s’y échouer comme des corps mourants et une bulle marine avec sa
vaste plage de sable blanc ou familles américaines de classe moyenne viennent s’ébouer
dans l’eau glacé de l’océan. Un dytique intéressant qui se prolonge hors de la
promenade balnéaire, dans ces rues Little Odessa entre immenses tours bétonnées et petites habitations qui tombent
un peu en ruines.
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